Publié le 25/06/2007 à 12:00 par bloghardi
Digression sur les biocarburants.
Dans les années 80, une note avait été présentée à l’Académie d’Agriculture résumant un rapport, fait par un Inspecteur de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) à la demande du Ministère de l’Agriculture, sur l’intérêt qu’il y aurait à développer les biocarburants.
Cette note soulignait les possibilités limitées de l’agriculture à se substituer aux carburants fossiles sans que ne soit affectée la production alimentaire humaine.
Ce rapport n’a jamais été relayé par un journaliste, il est resté totalement ignoré.
Or cette prévision, déjà ancienne, est en train de se concrétiser au Brésil, champion de la production d’alcool utilisé comme biocarburant.
Dans l’Etat de São Paulo, les cultures de canne à sucre destinées à produire cet alcool, ont supplanté, du fait de leur forte rentabilité, toutes les autres cultures. Les productions vivrières qui étaient faites dans les exploitations familiales ont peu à peu disparues au point que l’Etat de São Paulo doit importer fruits et légumes alors que ses petits paysans sont allés, vraisemblablement, grossir les « favellas » des villes voisines !
L’extension des surfaces destinées à la production de biocarburants devra être sérieusement contrôlée si l’on ne veut pas aboutir à des pénuries alimentaires.
Il n'y aura pas de billet lundi prochain.
Publié le 18/06/2007 à 12:00 par bloghardi
Une grande part des échanges intercontinentaux de marchandises se faisant par mer, la mondialisation a amplifié le trafic. Les pays émergents dont l’activité portuaire était faible ont vu celle-ci décupler. Il a fallu entièrement remodeler les vieux ports, en créer de nouveaux, allonger les quais, créer de nouvelles digues pour permettre l’accostage des gigantesques porte-containers.
L’activité économique se révèle chaque fois antagoniste de la sauvegarde de l’environnement. Elle est à son tour inséparable de la croissance de la population humaine.
Publié le 11/06/2007 à 12:00 par bloghardi
Les moyens de déplacements et de transport sur terre ferme n’étaient pas suffisants, l’homme s’est très vite intéressé à la navigation.
Empiriquement d’abord, il a observé que les corps « plus légers que l’eau » pouvaient flotter. Expérimentalement ensuite, Archimède a découvert, dès l’antiquité, le principe d’hydrostatique à la base de la construction de tout vaisseau flottant. A partir de là, la navigation s’est développée de manière exponentielle.
Faire déplacer un bateau sur l’eau n’est pas en soi très agressif pour le milieu marin. Ce qui est agressif c’est la mise en place de toutes les infrastructures portuaires nécessaires à sa fabrication, puis à son activité.
Les premiers bateaux, de petite taille, étaient construits sur le rivage, ils pouvaient être hissés hors de l’eau en cas de tempêtes ou mis à l’abri dans des hanses naturelles. L’homme a eu vite besoin de vaisseaux plus gros au fur et à mesure que son activité économique se développait et que sa maitrise de la navigation se perfectionnait. Pour les construire et les réparer, il a inventé les bassins de radoub ; pour les abriter il a créé des ports.
Des kilomètres de côte ont ainsi été dévastés pour construire des quais, pour approfondir des passes, pour créer des digues artificielles. On peut imaginer les agressions que la faune et la flore locale ont subi pour maintenir ou étendre ces installations portuaires.
Publié le 28/05/2007 à 12:00 par bloghardi
Illustration des deux précédents billets.
La Chine a inauguré en octobre 2005 une voie de chemin de fer de 1956 km reliant Xining capitale de la province de Qinghai (province du Nord-Ouest) à Lhasa (capitale du Tibet). Cette voie traverse le plateau Qinghai-Tibet qui renferme un unique et fragile écosystème d’altitude.
Dans un article paru dans la revue Science* intitulé « Construction d’une voie de chemin de fer verte en Chine » des chercheurs Sino-Canadiens décrivent les précautions écologiques qui ont été prises pour atténuer les atteintes à l’environnement faites par cette réalisation : sélection précautionneuse des sites, restauration des végétations après le travail, isolation au dessous de la voie pour stabiliser le permafrost, réduction du nombre de gares pour réduire l’impact des déchets humains etc…
A lire ces lignes on a l’impression que la Chine est prise d’une ferveur écologique !
Malheureusement cette voie de chemin de fer doit aussi promouvoir le tourisme local et le développement économique.
Quand on sait que les grandes voies de chemin de fer ont été à l’origine d’une expansion de la colonisation humaine : développement des villes, du trafic de marchandises et des déplacements humains, on peut craindre que ces précautions écologiques seront insignifiantes par rapport aux dégâts à venir.
• Science du 27 avril 2007. pp 546-547
• Il n’y aura pas de billet Lundi prochain.
Publié le 21/05/2007 à 12:00 par bloghardi
Le train n’est pas indemne de critiques lorsque l’on s’interroge sur les agressions qu’il inflige au monde vivant.
La mise en place d’une ligne de chemin de fer est plus exigeante que celle d’une route notamment par le fait qu’elle ne s’accommode pas de déclivités fortes. Les terrassements sont ainsi considérables : creusement de tranchées, remblaiement de creux, creusement de tunnels… Tout ceci est dévastateur.
Sur l’emprise de la voie : plus d’arbres, plus d’herbes, plus de vie souterraine. Il faut aussi des gares, des centres de triage qui occupent un espace que l’on bétonne et stérilise.
L’excès est atteint avec les Lignes à Grande Vitesse équivalentes aux autoroutes par leur spécialisation aux déplacements rapides. Leur création est plus exigeante qu’une voie de chemin de fer ordinaire : courbes plus larges, pentes plus faibles. Comme pour les autoroutes, un grillage les protège du passage des gros animaux, il y a, là encore, fragmentation de l’espace, contrainte à leurs déplacements et donc aux échanges génétiques.
Publié le 14/05/2007 à 12:00 par bloghardi
La situation s’est aggravée avec la mise en place des routes et les autoroutes. Pour réaliser ces voies de circulation, on a décapé le sol vivant jusqu’à la roche mère stérile. Il a fallu souvent aller plus loin : creuser des tranchées, remblayer des creux pour que les pentes restent modérées, égaliser le sol support de la chaussée. Celle-ci est faite de plusieurs couches : soubassement caillouteux, graves ciment, grave bitume, couche de roulement, qui constituent un barrage à toute présence végétale.
La vie animale y est aussi menacée : hécatombes d’animaux qui traversent la chaussée au passage des véhicules, cloisonnement de l’espace par les autoroutes dont les barrières grillagées s’opposent aux passage des animaux et sont un facteur d’isolation et donc de consanguinité.
L’espace occupé par ces voies de circulation ne peut cesser de croître dès lors que l’expansion humaine se poursuit.
Publié le 07/05/2007 à 12:00 par bloghardi
La roue, sublime invention pour l’homme car elle va lui permettre de transporter des charges et de se déplacer plus vite, est responsable de méfaits sur l’environnement dont l’intensité n’a fait que croitre.
Elle est à l’origine en effet de toutes les voies de communication terrestres allant du pittoresque chemin reliant deux villages, jusqu’à nos routes et autoroutes actuelles liens indispensables entre villes et agglomérations.
Les chemins cahotants, empruntés par les attelages, étaient peu agressifs vis-à-vis du milieu naturel. Ils n’étaient pas un obstacle pour les animaux sauvages, ils n’étaient qu’une bande de terre un peu plus piétinée, un peu plus tassée, un espace plus net sillonnant la nature. Pas toujours praticables, il a fallu les améliorer dès que la permanence de leur usage s’est révélée stratégique.
Le premier stade de cette évolution est sans doute la voie romaine. Indispensable aux légions pour rejoindre rapidement les points sensibles de l’empire, elles ont été aménagées de manière à les rendre utilisables de tout temps. Ce n’est plus une bande de terre tassée, mais une chaussée constituée de dalles jointives posées sur un lit épais de mortier lui-même arrimé sur un soubassement en moellons. Ces longs rubans qui relient Rome à ses provinces sont réservés exclusivement au déplacement des hommes. Ils persisteront jusqu’à nos jours comme une trace indélébile dans la nature.
Publié le 30/04/2007 à 12:00 par bloghardi
Petite digression sur la croissance de la population humaine.
Un groupe de parlementaires anglais (tous partis inclus) a rédigé un rapport (1) intitulé : « Return of the population growth factor : Its impact upon the millennium development goals » (Retour sur le facteur de croissance de la population : son impact sur les objectifs de développement du millénaire).
Le rapport montre que l’amélioration des conditions de vie des populations en deçà du seuil de pauvreté (moins de 1 $ par jour pour vivre) ne pourra être obtenu sans l’application à grande échelle du planning familial.
En ce qui concerne l’environnement, le rapport note (il rejoint en cela mon livre voir mon premier billet du 10 juillet 2006) que la dégradation de celui-ci est liée à la fois aux modes de consommation des pays à forte activité économique mais aussi à la demande des populations locales croissantes.
Le rapport appelle à prendre des décisions en vue d’abaisser le taux de croissance de la population.
(1) www.appg-popdevrh.org.uk/
Publié le 23/04/2007 à 12:00 par bloghardi
Il existe déjà des différences importantes entre la piste suivie par l’animal et le sentier emprunté par l’homme en ce qui concerne l’agressivité de ces chemins vis-à-vis de l’environnement.
La piste suivie par l’animal est directe, elle ne contourne les obstacles que s’ils sont trop difficiles à franchir. L’animal ne s’économise pas lorsqu’il doit gravir une pente il va tout droit. Il n’aménage pas non plus sa piste, il n’a pas de mains ni d’outils pour le faire, son action sur l’environnement est ainsi négligeable. Il s’agit uniquement pour lui d’aller de son gîte à son lieu de recherche de nourriture.
Le sentier créé par l’homme est beaucoup plus complexe. Il est capable, par des artifices matériels, de franchir des obstacles difficiles : escaliers taillés dans la roche, passerelles sur des rivières. Il économise sa peine en suivant les courbes de niveau. Il évite les accidents : garde-fous pour empêcher de tomber, jalons pour ne pas se perdre.
Les sentiers de découverte, créés dans des zones naturelles, sont les plus absurdes, ils drainent des foules importantes dans des lieux où la quiétude existait encore, ils stressent les populations sauvages, ils favorisent les prélèvements ou les destructions de plantes. Ils imposent la présence de l’homme là où elle ne se justifie pas.
Publié le 16/04/2007 à 12:00 par bloghardi
Nous allons nous intéresser maintenant aux déplacements et aux transports. Nous ferons une première constatation : peu apte à se déplacer rapidement sur de longues distances, limité dans ses capacités à transporter des charges, l’homme primitif était condamné à la sédentarité.
Cette situation était incompatible avec sa curiosité naturelle et ses capacités cognitives. Il n’a cessé d’envier les animaux qui étaient plus favorisés que lui par la nature : ceux aptes à la course, ceux dotés de la force, ceux capables de nager, ceux enfin capables de voler. Il a imaginé des machines susceptibles de les imiter et peu à peu il les a dépassés. Mais ceci ne s’est pas fait sans mal vis-à-vis du monde vivant lui-même, c’est ce que nous examinerons dans les prochains billets.