Publié le 24/12/2007 à 12:00 par bloghardi
Lundi 24 décembre 2007
Les atteintes à notre environnement sont d’abord liées à la croissance incontrôlée de la population humaine. Vous en êtes probablement convaincu, mais si vous voulez une analyse complète et une vision nouvelle sur cette question, lisez ce livre : « Environnement l’hypothèque démographique »* (150 pages 14,50 €).
Il n’y aura pas de billet les deux lundis qui suivent.
Joyeux Noël et bonne année 2008.
*Edition de l’Harmattan, 5-7, rue de l’Ecole polytechnique 75005 Paris.
• www.edition-harmattan.fr
• ou Amazon.fr (n’entre pas dans une rubrique) ; trouver par : recherche, donner le titre, go.
Publié le 17/12/2007 à 12:00 par bloghardi
Retour sur les gaz à effet de serre.
Le Groupe Intergouvernemental sur le Changement Climatique (Intergovernmental Panel on Climate Change ou IPCC) est un corps scientifique intergouvernemental créé par l’Organisation Météorologique Mondiale et le programme environnemental de l’ONU afin d’être une source d’informations sur les changements climatiques. Dans le sommaire de son rapport 2007 (voir : www.ipcc.ch), on peut trouver de nombreuses informations concernant les perspectives pour le 21ème siècle.
Si l’on continue à maintenir, sinon à aggraver nos dépenses énergétiques, sans modifier les contraintes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, leur teneur atmosphérique continuera de croître au cours des prochaines décades. L’accroissement pourrait être compris entre 25 et 90% des émissions actuelles entre 2000 et 2030 si les combustibles fossiles gardent leur position dominante.
Cette situation va entraîner un nouveau réchauffement et de nombreux changements dans le système climatique global au cours du 21ème siècle qui seraient bien plus graves que ceux observés au cours du 20ème siècle.
Ainsi pour les prochaines décades, le réchauffement serait de l’ordre de 0,2°C tous les dix ans. En 2030 par exemple, compte tenu que l’accroissement moyen des températures était déjà de 0,6 °C en 2000, l’accroissement atteindrait 1,2°C par rapport à la période préindustrielle.
Une prospective des impacts climatiques écologiques et socio-économiques est établie. Ainsi pour l’Europe les risques de tempêtes vont s’accroître à l’intérieur des terres, des inondations côtières pourront se produire. En montagne, il y aura réduction des glaciers, des surfaces enneigées et disparition importante d’espèces. En Europe du Sud les conditions climatiques vont empirer et leur conséquences seront plus graves : canicules sècheresses, moindre disponibilité de l’eau, récoltes déficitaires.
On sent bien que ces prévisions ne sont pas des élucubrations sans fondements ; si nous sommes de plus en plus convaincus des risques que nous courons et capables de faire un effort pour diminuer nos émissions, sera-t-il possible de convaincre les pays les plus grands émetteurs de la planète pour aller vers une réduction généralisée ?
Publié le 10/12/2007 à 12:00 par bloghardi
Illustration de mon billet du 12 Mars 2007
J’ai lu dans la presse que le port de Bordeaux, comme le font déjà certains ports de la Mer du Nord et de la Manche, allait recevoir des granulats (graviers, roches concassées, etc…) de Norvège.
D’un côté, les pays Nordiques, dont on nous vente si souvent l’esprit protecteur de la nature, ont des associations qui ne soucient guère si l’extraction à grande échelle de matériaux de leur sol constitue une atteinte au milieu naturel dès lors que la vente de ces matériaux à l’exportation constitue une ressource économique.
De l’autre, nos associations, si promptes à dénoncer l’ouverture de carrières en France, se taisent alors que l’on importe de très loin des matériaux dont la logique écologique voudrait qu’ils soient prélevés le plus près possible de leur lieu d’utilisation.
Comble d’hypocrisie d’une part, stupidité de l’autre !
Publié le 03/12/2007 à 12:00 par bloghardi
Et si l’on parlait de commerce !
Nous allons voir comment cette activité, qui a beaucoup servi à l’homme dans son expansion démographique, s’est à la fois développée, et pervertie au détriment du milieu naturel.
La pratique commerciale la plus élémentaire est le troc.
Cette pratique est à la fois économique (on échange un objet que l’on possède avec quelque chose que l’on ne possède pas), et socialisante (il faut établir une relation de confiance avec l’autre partenaire de l’échange).
Le troc est une opération concrète, chaque acteur est en face du produit ou de l’objet qu’il va recevoir en échange ; si l’un des acteurs de l’échange a surestimé la valeur du produit qu’il reçoit, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Cette opération a cependant des inconvénients : il n’y a pas de mesure de la valeur économique des produits échangés, le système manque de souplesse car il ne met en jeu, pour l’échange, qu’un nombre limité de produits ou d’objets (le plus souvent deux).
Le troc a été pratiqué très tôt, probablement dès le paléolithique. Il était très répandu dans les sociétés primitives, il a disparu presque entièrement dans les sociétés évoluées car elles ont vite utilisé, pour commercer, un médiateur très puissant : la monnaie.
Publié le 26/11/2007 à 12:00 par bloghardi
Réparer un objet, un appareil, est une activité éminemment écologique. On prolonge sa durée de vie repoussant ainsi, à plus tard, la dépense d’énergie nécessaire à le reconstruire ; on n’accroît pas l’entropie (le désordre) de notre planète en en dispersant les constituants avec nos déchets.
Réparer ne convient malheureusement pas aux fabricants car cette opération retarde le renouvellement de l’objet et donc en diminue la demande.
La plupart des appareils que nous utilisons aujourd’hui ont une durée de vie limitée, quelquefois très limitée ; c’est le cas notamment des appareils électroniques. L’obsolescence de ceux-ci tient aux progrès technologiques mais aussi à la « gadgétisation » des innovations
Prenons le cas du téléphone portable ; communiquer en tout lieu et à tout moment par téléphone était un progrès certain, mais une fois le marché en route il fallait en renouveler l’intérêt. Pour vendre davantage de téléphones portables on y a adjoint la possibilité de faire des photos, puis on a élargi ses capacités : il est devenu un ordinateur susceptible de recevoir Internet, ou une télévision pouvant capter de multiples chaînes.
Ces évolutions sont-elles réellement un progrès, ne rendent-elles pas davantage l’utilisateur de cet appareil esclave de l’image électronique ?
En une dizaine d’années ceux qui ont voulu suivre ces innovations (?) ont dû changer plusieurs fois leur téléphone portable. Le modèle précédent, devenu obsolète, était condamné aux déchets. Dans ce processus l’idée de réparer n’existait même pas.
Publié le 19/11/2007 à 12:00 par bloghardi
La plupart des journaux n’en ont parlé que très discrètement mais peut-être vous rappelez-vous que, cette année, l’un de nos chercheurs du CNRS, Albert FERT, a obtenu le prix Nobel de Physique en partage avec l’Allemand Peter GRUNBERG pour leur co-découverte de l’effet de magnétorésistance géante.
Qu’avons-nous fait de cette belle découverte ? Rien, car nous n’avions aucune entreprise susceptible de l’exploiter ni aucun chercheur s’intéressant aux applications de ce résultat de recherche fondamentale.
C’est en fait Stuart PERKINS du centre de recherches d’IBM en Californie qui a fait l’essentiel pour rendre l’effet de magnétorésistance géante applicable en technologie. Cet effet permet de miniaturiser les disques des ordinateurs et leurs têtes de lecture. D’où un autre bond en avant concernant leur capacité. Les retombées économiques de ce travail nous échappent évidemment et ceci met encore en relief les faiblesses de nos entreprises ou leur absence dans les domaines les plus porteurs de l’électronique.
Publié le 12/11/2007 à 12:00 par bloghardi
Pour développer son marché et faire face à la concurrence, l’industriel essaie de diminuer le prix de revient du produit qu’il fabrique. Il rationalise le processus de fabrication, le mécanise à l’extrême et en dernier lieu, quand il ne peut plus progresser sur ces registres, il s’adresse à la main d’œuvre la moins coûteuse disponible sur la planète.
Ainsi depuis la « mondialisation » les usines se sont promenées un peu partout : Afrique, Asie du sud-est, Chine, Inde laissant derrière elles une traînée de friches industrielles qui sont aussi des friches environnementales.
Une entreprise qui délocalise devrait non seulement rembourser les aides quelle à reçu pour s’installer dans ses divers lieux d’accueil, mais aussi payer pour une remise à l’état naturel des sites qu’elle a occupés successivement.
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par bloghardi
Lecture
Je me suis longtemps demandé pourquoi les philosophes (notamment français) ignoraient les progrès de la biologie et continuaient à penser l’homme comme une espèce privilégiée totalement à part dans le monde vivant. Cette situation va peut-être changer avec le livre du philosophe Jean-Marie SCHAEFFER : « La fin de l’exception humaine » (Gallimard 2007).
Jean-Marie SCHAEFFER va s’efforcer tout au long de son livre de légitimer l’homme « espèce biologique s’inscrivant dans l’histoire du vivant telle qu’elle s’est développée sur notre planète ».
Il montre d’abord les insuffisances du cogito, ergo sum de Descartes fondateur de ce qu’il appelle la « thèse de l’exception humaine » qui exempte l’homme de l’ordre naturel car il est fait d’un esprit et d’un corps. Ces insuffisances mettent la thèse en position défavorable vis-à-vis des disciplines scientifiques qui étudient l’être humain de l’extérieur et voient en lui un « animal » partie intégrante du processus évolutif découvert par Darwin.
L’auteur montre ensuite que les deux autres points de la thèse : le comportement social de l’homme mais aussi sa capacité à développer des cultures font partie de sa constitution biologique. Il échoue peut-être à expliquer, dans la même optique, les états conscients ; mais il considère que les faits de conscience s’expliqueront dès que l’on aura une meilleure connaissance de l’activité neurologique.
Je craignais de la part d’un philosophe une insuffisance de connaissances en biologie ; il n’en est rien, Jean-Marie SCHAEFFER connaît très bien les développements récents de la biologie et notamment tout ce qui a trait au néo Darwinisme (travaux de Ernst Mayer en particulier) et il sait bien s’en servir dans ses démonstrations.
Cependant Jean-Marie SCHAEFFER est avant tout un philosophe. Son vocabulaire ésotérique, ses démonstrations quelquefois difficiles à suivre, ne mettent pas son livre à portée de tout le monde. Lisez-le si ces sujets vous intéressent ; il sera, en tous cas, utile aux philosophes qui jusqu’ici ignoraient ces développements déjà intégrés dans les réflexions des biologistes.
Publié le 29/10/2007 à 12:00 par bloghardi
Le processus industriel délègue à la machine les principales tâches nécessaires à la réalisation d’un objet. De ce fait, l’objet obtenu est standard (conforme à un type) et il peut-être obtenu en très grandes quantités. Il s’oppose totalement à l’objet artisanal qui lui est unique (reproduit avec les hésitations de la main) et obtenu en quantités limitées.
L’industrie a besoin d’acheteurs car son potentiel de production est très élevé ; développer son marché est l’une de ses tâches essentielles. Ainsi la révolution industrielle a entraînée une expansion sans précédent de l’activité commerciale.
Le monde rural agricole, surpeuplé avant la révolution industrielle, s’est vidé pour fournir main d’œuvre industrielle et emplois commerciaux. Nous retrouvons aujourd’hui le même processus dans les pays émergeants. La naissance des agglomérations urbaines gigantesques est une des conséquences de la révolution industrielle. J’ai déjà dit combien ces regroupements urbains étaient peu compatibles avec la préservation de l’environnement.
Publié le 22/10/2007 à 12:00 par bloghardi
Revenons à l’industrie
On vous a sans doute parlé durant vos cours d’histoire de la révolution industrielle qui a eu lieu au 18ème siècle. Vous n’avez pas compris en quoi cette période était révolutionnaire et vous avez glissé sur celle-ci. Et pourtant elle a conditionné tout ce qui a suivi : le développement économique mais aussi les déboires pour notre environnement.
Le principal élément de cette révolution industrielle est la mise au point des premières machines capables de transformer l’énergie calorifique fournie par des combustibles fossiles en travail.
C’est en Angleterre que tout a commencé. Les mines de charbons qui étaient alors exploitées pour le chauffage, souffraient comme toutes les mines souterraines d’infiltrations d’eau qu’il fallait éliminer continuellement sous peine d’inondation de la mine. Ce pompage était manuel et particulièrement pénible. Pourquoi ne pas utiliser la force de la vapeur pour actionner de telles pompes. Mais comment fabriquer une machine capable de transformer une énergie calorifique en travail susceptible d’actionner une pompe ? Le Français Denis Papin avait bien fait les premiers pas vers la solution de ce problème mais il faut attribuer aux anglais et à leur persévérance la mise au point définitive de la machine.
En 1698 Thomas Savery fabrique une machine de pompage mue par la force mécanique de la vapeur très proche de celle de Denis Papin. Cette machine ne peut-être utilisée en permanence car susceptible d’explosions. Quelques années plus tard (1705) Thomas Newcomen améliore la machine de Savery. Ensemble ils exploitent leur invention pour le pompage de l’eau des mines. Il faudra cependant attendre les améliorations de James Watt (1769) pour disposer d’une machine sûre et performante. La première machine utilisant un combustible fossile, le charbon, était née ; elle serait plus tard supplantée par les moteurs à explosion, encore plus efficaces, dont la source énergétique était aussi un combustible fossile : le pétrole.