Publié le 15/10/2007 à 12:00 par bloghardi
Avertissement
Dans une conférence faite, en juillet dernier, à l’Association Américaine pour le Progrès des Sciences (AAAS, revue Science N°5842), Sir David King conseiller scientifique en chef au Royaume Uni, invite les nations développées et les nations émergentes à signer rapidement un pacte pour réduire les émissions de gaz à effets de serre afin d’éviter les changements climatiques catastrophiques qui vont se produire si rien ne se fait.
« Si un agrément était signé dans les 2 ans qui suivent et respecté par les pays signataires on pourrait stabiliser les concentrations de gaz à effets de serre en 2012 entre 450 et 550 parties par million (ppm) ».
« Déjà l’impact de 450 ppm est dangereux, mais les concentrations de 550 ppm et au-delà, qui seront atteintes en 2050 si rien n’est fait, entraîneront de sévères effets : réduction de la production agricole, réduction de l’approvisionnement en eau, tempêtes, sècheresses, feux de forêts, extinction d’espèces, vagues de chaleur létales, inondations côtières entraînant des déplacements de population».
Cette énumération réaliste, inquiétante devrait nous émouvoir or nous la percevons comme excessive, alarmiste et nous pensons aussi « après moi le déluge ». Nous avons cette fois-ci tort. Depuis la période préindustrielle la teneur en gaz à effets de serre de notre atmosphère est passée de 280 à un peu plus de 380 ppm. Nous percevons bien déjà les anomalies climatiques qui résultent de cette augmentation. Les prévisions pour 2020 en comptant que les émissions actuelles ne ralentiront pas ou très peu (ce qui est presque une certitude étant donné les besoins énormes en énergie qu’il faudra pour la mise à niveau des populations des pays émergents) sont de 450 à 500 ppm. Les craintes de Sir David King sont malheureusement justifiées.
Publié le 08/10/2007 à 12:00 par bloghardi
J’ai surtout parlé dans mes deux billets précédents, de la matière première inerte, celle que nous puisons dans le milieu physique terrestre : solide, liquide, ou gazeux.
Mais il ne faut pas oublier celle que nous puisons dans le monde vivant. La matière première biologique est indispensable à notre survie car nous sommes une partie du monde vivant et nous nous nourrissons totalement à son crédit.
Au paléolithique, nous étions encore en équilibre avec celui-ci, nous étions intégrés dans la chaîne alimentaire comme tout autre prédateur. Avec le néolithique nous avons commencé en nous en éloigner et à prélever, par l’agriculture, bien au-delà de ce qui nous était permis. Nous en sommes au point où nous accaparons la majorité de l’espace au profit des espèces qui nous sont inféodées, éliminant ainsi d’autres espèces qui ne nous sont pas utiles ou que nous considérons comme nuisibles. Nous provoquons ainsi des déséquilibres majeurs dans les chaînes du vivant simplement pour satisfaire les besoins de notre population en continuelle croissance.
Publié le 01/10/2007 à 12:00 par bloghardi
Deux éléments vont, peu à peu, troubler cette situation : la matière première n’est pas utilisable à l’état natif il faut la transformer ; la population humaine s’accroissant il faut aussi accroître les prélèvements.
Transformer la matière première pour la rendre utilisable s’est imposé dès l’âge du bronze. Ce métal est un alliage, pour le créer il est nécessaire de mettre en œuvre toute une technique métallurgique qui peut se faire près des lieux d’extraction des métaux constitutifs de l’alliage où loin de ceux-ci. A coté de la mine vont donc apparaître les ateliers métallurgiques. Les choses seront encore plus complexes à l’âge du fer. Ce métal n’existe qu’à l’état combiné sous forme d’oxydes, de sulfures ou autres. La technique la plus simple pour son obtention est la réduction des oxydes par du charbon. L’âge du fer à ainsi pour corollaire le développement des forges et plus tard des hauts fourneaux.
Au fur et à mesure que l’homme maîtrise de nouvelles technologies la matière première n’est plus première au sens strict elle est le résultat d’un processus complexe d’élaboration à partir d’autres matières premières. Ceci se fait à partir d’installations qui accaparent de nouveaux espaces et produisent de nouvelles pollutions.
L’acquisition de la matière première devient le préalable industriel le plus coûteux au monde vivant.
Publié le 24/09/2007 à 12:00 par bloghardi
Et si l’on parlait d’industrie !
L’industrie est « l’ensemble des activités, des métiers qui produisent des richesses par la mise en œuvre de matières premières ». La richesse créée est un bien matériel susceptible de satisfaire un besoin des hommes.
Si cette définition est aussi bien applicable à l’être humain chasseur cueilleur du paléolithique qu’à l’homme contemporain ; il y a, entre les deux types d’industries qu’ils pratiquent, d’énormes différences : qualitatives, quantitatives et surtout, avec le temps, un accroissement exponentiel de leur impact négatif sur l’environnement.
Intéressons nous par exemple aux matières premières.
Que fait l’homme du paléolithique, il se contente d’exploiter ce qui est à portée de sa main : pierres qu’il va tailler (il choisit peut-être déjà le matériau le plus facile à façonner et donc la source de son approvisionnement), fragments de bois, ossements. Au néolithique il utilise les premiers métaux. La métallurgie est d’abord celle de métaux que l’on peut trouver à l’état pur (natifs) dans le sol comme le cuivre ou l’or. Jusqu’ici, point de bouleversements, la nature et l’homme font bon ménage.
Publié le 17/09/2007 à 12:00 par bloghardi
J’écoutais, le 21 Août dernier, sur France Inter (de 9 à 11h) une émission qui m’a interpellé. Il y était taillé en pièces : l’agriculture productiviste, les multinationales semencières et chimiques, les OGM, seule l’agriculture « biologique » était digne d’intérêt.
Je veux donner un autre point de vue sur ces questions.
J’ai connu, étant enfant, une agriculture biologique triomphante. C’était pendant la guerre. Il n’y avait pas d’engrais, les pesticides étaient fortement rationnés (je me rappelle que ma grand-mère, pour lutter contre l’oïdium de sa petite vigne, utilisait en mélange un quart de soufre et trois quarts de cendre, on en rirait maintenant). Les rendements étaient ridicules et même à la campagne, nous avions faim et souffrions d'avitaminoses. Ceux qui avaient de l’argent faisaient du marché noir.
L’agriculture biologique est une agriculture de riches. Ce qu’il faut encourager c’est l’agriculture raisonnée, celle où l’on n’utilise les engrais qu’en quantités équivalentes aux exportations faites par la récolte, celle où les pesticides sont appliqués à bon escient dès le début de l’attaque parasitaire et à partir d’une évaluation correcte du risque, celle où l’agriculteur est un bon professionnel connaisseur de son métier et respectueux de l’environnement. Sans quoi, avec l’explosion démographique présente sur notre planète, nous courrons à la famine.
En ce qui concerne les OGM, je crois qu’il faut raisonner au cas par cas. A titre d’exemple, je dirai que si l’on peut être circonspect vis-à-vis d’un OGM résistant à un herbicide qui permet d’utiliser des doses élevées de cet herbicide en désherbage de la culture de l’OGM (ceci est fort profitable à l’obtenteur de ce dernier et au fabricant de l’herbicide), on devrait accepter en revanche des OGM tels que les maïs Bt qui sont devenus par transformation génétique résistants à la pyrale. Leur culture évite, notamment, le recours à la lutte chimique contre cet insecte. L’opposition systématique aux OGM nous prive en agriculture aussi bien de progrès économiques, qu’environnementaux.
Je suis bien persuadé que les multinationales ont des objectifs qui ne sont pas toujours en accord avec l’intérêt général ; mais n’y aurait-il pas aussi un lobby de la culture biologique ?
Publié le 06/08/2007 à 12:00 par bloghardi
Vous êtes en vacances et donc peu enclin à ouvrir votre ordinateur, je vais ainsi arrêter ce blog jusqu’ à la deuxième quinzaine de septembre.
Si vous aimez lire et peut-être accroître vos connaissances sur les questions relatives à l’environnement, lisez : « Environnement l’hypothèque démographique » *. Vous aurez une vision nouvelle sur ces questions. Bonne lecture et bonnes vacances .
*Edition de l’Harmattan, 5-7, rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris.
• diffusion.harmattan@wanadoo.fr
• ou Amazon.fr (n’entre pas dans une rubrique) ; trouver par : recherche, donner le titre, go.
Publié le 30/07/2007 à 12:00 par bloghardi
Faisons encore une digression et allons au charbon (façon de parler).
Ce combustible est si rare en France et si peu utilisé qu’on n’en parle presque pas. Ce n’est pas le cas ailleurs. Les 2100 centrales électriques existantes au monde alimentées au charbon représentent un tiers du CO2 émis par l’activité humaine. Aux Etats-Unis elles génèrent 30% des gaz à effet de serre et en Chine (qui émet maintenant autant de gaz à effets de serre que les Etats-Unis) c’est 80% des émissions.
Serait-il possible d’éviter cette pollution et quel en serait le coût ? Un article excellent de la revue américaine Science* examine cette question.
Première solution : construire des centrales dont les cheminées émettent essentiellement du CO2 que l’on pourra séquestrer directement dans le sol. On peut obtenir ce résultat par gazéification du charbon ou par combustion de celui-ci dans un courant d’oxygène pur.
Très peu de centrales à gazéification existent, aucune ne séquestre le CO2 émis. Si ce modèle est celui qui doit être retenu pour l’avenir, on n’a pas encore une idée précise du supplément de coût qu’il représente par rapport au modèle classique (notamment en y incluant la séquestration du CO2).
La combustion du charbon par un flux d’oxygène pur est un système qui pourrait être adapté aux centrales classiques mais il pose un problème technique (il nécessite de changer fréquemment des éléments de la chaudière maintenus dans un milieu oxydant très agressif) et son coût représente un supplément de 44% par rapport à une centrale classique.
Deuxième solution : récupérer les gaz émis par les centrales à fonctionnement classique ; extraire de ces gaz le CO2 et le séquestrer dans le sol. Ceci permettrait de réadapter toutes les centrale existantes à un fonctionnement non polluant.
La technique industrielle la plus courante pour capter le CO2 utilise une molécule : la monoéthanolamine (MEA). Celle-ci se lie au CO2 et l’on peut ainsi l’extraire du mélange de gaz de combustion. Il faut ensuite séparer, par chauffage, le MEA du CO2 et injecter ce dernier dans le sol à l’aide d’un compresseur. Ces deux dernières opérations sont coûteuses en énergie.
Le coût de ces modifications entraînerait ainsi une augmenterait de 36% (sinon plus) la note du courant électrique fourni aux usagers. Comment faire accepter de telles factures aux consommateurs ?
Ne pas avoir du charbon dans notre sous-sol n’est peut-être pas si désespérant que l’on pourrait croire !
*Science 03 Juillet 2007 pp 184-186.
Publié le 23/07/2007 à 12:00 par bloghardi
Se déplacer dans les airs, gageure si longtemps désirée, si longtemps vouée à l’échec, est devenu finalement une nouvelle conquête de l’homme.
Le transport aérien est maintenant un transport de masse qui nécessite des infrastructures importantes. Ainsi il faut 1500 hectares en moyenne pour créer un aéroport et ses deux pistes d’envol. A cela il faut ajouter les entreprises qui s’implantent tout autour pour bénéficier de l’activité économique induite par le transport aérien : hôtels, entrepôts, industries. Les zones aéroportuaires importantes sont devenues de vraies villes dans la ville.
L’espace occupé sensus stricto par l’aéroport est particulièrement agressif pour l’environnement. C’est un espace clos, excluant arbres, animaux de grande taille, oiseaux dangereux pour les réacteurs. C’est un lieu bruyant, pollué par la combustion du kérosène.
Avec la croissance du transport aérien les aéroports ne cessent de s’agrandir, il s’en crée de nouveaux et ceci n’est pas fini, il n’y a qu’à suivre, dans vos journaux, la course aux commandes d’avions que se livrent les deux principaux avionneurs mondiaux. Peut-on penser que l’activité aérienne ira facilement en décroissant ?
Publié le 16/07/2007 à 12:00 par bloghardi
La navigation n’est pas uniquement utilitaire, elle peut aussi être un passe temps pour l’homme. Ainsi la navigation de plaisance est en pleine expansion comme si la possession d’un bateau était devenue un besoin.
Les conséquences écologiques d’un tel engouement ne sont pas négligeables, il faut construire des ports spécialement affectés à ces bateaux ce qui provoque des bouleversements sur des kilomètres de côte. Ces bateaux en déplacement perturbent le milieu marin, ils dépensent de l’énergie, ils polluent.
Peut-on croire qu’avec l’augmentation du niveau de vie des populations humaines, la navigation de plaisance va diminuer !
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par bloghardi
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde …
On peut aimer ces vers, mais ils n’empêchent que la navigation fluviale est aussi un avatar écologique. Non seulement l’homme ne s’est pas contenté d’utiliser les cours d’eau naturels pour naviguer à l’intérieur des terres mais il a cru bon d’en créer d’autres en creusant des canaux.
Creuser un canal, c’est déplacer des millions de mètres cubes de matériaux ; c’est créer des retenues d’eau pour alimenter les biefs et les écluses qu’il faut établir lorsque le canal doit gravir une pente ; c’est détruire tout le système écologique qui était en place pour le remplacer par un milieu artificiel utile à l’homme.
Les canaux ne sont plus à la mode, la navigation y est trop lente, on n’en construit presque plus. Mais ne parle t-on pas d’agrandir le canal de Panama devenu insuffisant au trafic interocéanique ? Quelles seront les conséquences de ces travaux sur le milieu équatorial de ses berges ?